Divorion.com est inscrit sur la liste noire de l’AMF depuis le 20 juin 2025 pour exercice sans agrément dans la catégorie produits dérivés sur crypto-actifs. Le Tribunal judiciaire de Paris a confirmé cette situation le 12 novembre 2025 et ordonné le blocage du site. Toute personne ayant versé des fonds doit cesser immédiatement tout nouveau paiement et rassembler ses preuves.
Ce que l’on sait officiellement sur Divorion.com arnaque
Avant d’entrer dans la mécanique d’un dossier, posons les faits. Divorion.com proposait à des investisseurs français d’ouvrir des comptes et de passer des ordres sur des options binaires et des CFD, via une interface de trading en ligne. C’est une activité qui relève des services d’investissement réglementés.
Le 20 juin 2025, l’AMF inscrit divorion.com sur sa liste noire dans la catégorie « Produits dérivés sur crypto-actifs ». La plateforme n’est pas autorisée à proposer ces services en France. Le 20 août 2025, un procès-verbal constate que le site continue de fonctionner malgré tout. Une mise en demeure suit le 29 août. Un nouveau constat, effectué le 8 septembre, établit que rien n’a changé.
Le 12 novembre 2025, le Tribunal judiciaire de Paris rend sa décision : l’opérateur de Divorion.com ne figure pas au registre REGAFI, il n’a donc jamais détenu l’agrément requis. Le tribunal ordonne des mesures de blocage de l’accès au site depuis le territoire français. Le numéro de rôle est le RG n°25/56225.
Ce n’est pas une rumeur, pas un avis d’internaute : ce sont des faits établis par deux autorités indépendantes.
Première étape : arrêter les paiements et comprendre pourquoi
La première chose que je dis à chaque personne qui me contacte après une expérience avec ce type de plateforme : stop aux versements. Immédiatement.
Les plateformes sans agrément utilisent des prétextes récurrents pour obtenir de nouveaux paiements. On parle de « taxe de déblocage », de « frais de conformité », de « conversion obligatoire » de cryptomonnaies, d’un « seuil de compte » à atteindre pour autoriser un retrait. Ce sont des mécanismes destinés à extraire davantage d’argent, pas à libérer des fonds.
Dans les signalements qui circulent autour de Divorion.com, on retrouve exactement ce schéma : un premier versement, souvent modeste, auquel succède une impossibilité de retrait, puis une demande de paiement supplémentaire pour « débloquer » la situation. C’est la séquence classique.
Ce que je rassemble en premier : la chronologie des mouvements
Un dossier solide, c’est d’abord une chronologie précise et documentée. Je travaille dans l’ordre des faits, pas dans l’ordre des émotions.
Voici ce que je demande à chaque client de réunir dès le premier rendez-vous :
- Tous les relevés bancaires couvrant la période des versements, avec les lignes de débit correspondantes identifiées précisément ;
- Les ordres de virement et les confirmations de paiement par carte ;
- Si des cryptomonnaies ont été utilisées : les adresses de portefeuilles, les identifiants de transactions, les captures d’écran des historiques sur les plateformes d’échange ;
- L’ensemble des courriels échangés avec la plateforme, y compris les messages de bienvenue, les confirmations de compte et les relances ;
- Les conversations WhatsApp, Telegram ou par tout autre canal avec les interlocuteurs de la plateforme ;
- Les captures d’écran de l’espace client : solde affiché, historique des ordres, demandes de retrait et réponses obtenues ;
- Tout document contractuel : conditions générales, formulaire d’ouverture de compte, contrat signé.
Ce que je cherche à établir à ce stade, c’est une correspondance claire entre les débits réels sur le compte bancaire ou crypto et ce que la plateforme affichait. L’écart entre les deux est souvent le cœur du dossier.
Identifier où l’argent est allé : la traçabilité fait la différence
La récupération de fonds dépend très directement du chemin qu’a pris l’argent. Ce n’est pas la même procédure selon que les versements ont transité par un virement bancaire SEPA, un paiement par carte, ou un envoi de cryptomonnaies vers une adresse externe.
Pour les virements et paiements par carte, j’examine les coordonnées du bénéficiaire : pays de la banque destinataire, nom du compte crédité, éventuels intermédiaires. Certaines banques émettent des cartes utilisées spécifiquement dans ces montages. La rapidité à signaler les opérations à son propre établissement bancaire compte : des mécanismes de contestation existent, mais ils ont des délais stricts.
Pour les cryptomonnaies, la traçabilité sur la blockchain est réelle mais technique. L’adresse de destination, le nombre de confirmations, les éventuels mouvements vers des plateformes d’échange identifiables : tout cela s’analyse. Ce n’est pas invisible, contrairement à ce que certains opérateurs laissent croire à leurs victimes.
Je travaille avec les équipes de Ziegler & Associés sur ces questions de traçabilité, notamment lorsque le dossier implique des flux internationaux ou des actifs numériques.
Le dépôt de plainte : quand et comment
La question du dépôt de plainte revient systématiquement. Ma réponse est nuancée selon les dossiers, mais dans le cas d’une plateforme inscrite sur la liste noire de l’AMF et dont l’absence d’agrément a été constatée par un tribunal, le fondement juridique est solide.
Une plainte peut être déposée auprès du commissariat ou de la gendarmerie, ou directement adressée au procureur de la République. Elle peut aussi être transmise aux brigades spécialisées dans la cybercriminalité financière.
Ce qui rend une plainte utile, c’est sa précision. Un exposé des faits chronologique, chiffré, accompagné des pièces correspondantes, est infiniment plus efficace qu’un récit approximatif. C’est pourquoi le travail de rassemblement des preuves précède toujours, dans mon organisation, le dépôt de plainte.
La décision du Tribunal judiciaire de Paris du 12 novembre 2025 constitue elle-même une pièce que j’intègre dans les dossiers concernant Divorion.com : elle établit objectivement, par une juridiction française, que le site opérait sans le cadre légal requis.
Le piège de la « récupération de fonds » proposée par des tiers
C’est un point sur lequel j’insiste systématiquement, parce que je le vois régulièrement dans les dossiers qui arrivent sur mon bureau après un premier dépôt chez Divorion.com.
Des personnes se manifestent spontanément auprès des victimes. Elles prétendent avoir localisé les fonds, identifié les cryptomonnaies sur une blockchain, ou disposer d’un accès aux comptes. Elles demandent un paiement préalable : une commission, une taxe de déblocage, des frais administratifs.
Le fait qu’un interlocuteur connaisse le nom exact de la plateforme, voire le montant approximatif du préjudice, ne prouve strictement rien. Ces informations circulent. Ce type de contact constitue une arnaque secondaire, qui vise précisément les personnes déjà fragilisées par une première perte.
Je recommande de vérifier systématiquement l’identité de toute personne proposant une récupération de fonds, et de ne procéder à aucun paiement avant cette vérification. Un avocat régulièrement inscrit au barreau est identifiable sur le site du Conseil national des barreaux.
Ce qui prend du temps, et ce qui ne doit pas attendre
La récupération de fonds est un processus qui prend du temps. Les procédures bancaires ont leurs délais, les commissions rogatoires aussi, et la coopération internationale dans les dossiers de fraude financière se compte en mois, pas en semaines.
En revanche, certaines choses ne doivent pas attendre :
- Signaler les opérations à sa banque : des délais de forclusion existent pour les contestations de virement et les litiges sur paiements par carte ;
- Rassembler les preuves avant qu’elles disparaissent : un espace client peut être fermé du jour au lendemain, un compte de messagerie peut être supprimé ;
- Prendre une première consultation juridique pour évaluer les options réellement disponibles selon le profil du dossier.
Pour les personnes qui souhaitent comprendre concrètement comment ce type de dossier est traité sur le plan judiciaire, mon site détaille les étapes et les recours envisageables selon les situations.
Ce que je retiens de ce dossier Divorion.com
Divorion.com cumule plusieurs indicateurs qui rendent le dossier documentable : une inscription officielle sur la liste noire de l’AMF, une décision de justice française rendue en novembre 2025, un domaine enregistré en novembre 2024 avec des informations d’identification masquées, et des signalements cohérents de difficultés de retrait.
Ce n’est pas un cas où l’on débat de la qualification : les faits sont établis par les autorités compétentes. Ce qui reste à faire, pour chaque personne concernée, c’est de transformer cette situation documentée en dossier individuel exploitable.
C’est exactement ce travail-là qui me prend du temps et que je fais méthodiquement : reconstituer la chronologie, identifier les flux, évaluer les leviers disponibles selon le mode de paiement et les délais, puis construire la procédure adaptée.
FAQ
Divorion.com est-il bien sur la liste noire de l’AMF ?
Oui. L’AMF a inscrit divorion.com sur sa liste noire le 20 juin 2025, dans la catégorie « Produits dérivés sur crypto-actifs ». La plateforme n’est pas autorisée à proposer ces services en France.
Existe-t-il une décision de justice sur Divorion.com ?
Oui. Le Tribunal judiciaire de Paris a rendu une décision le 12 novembre 2025 (RG n°25/56225) constatant l’absence d’agrément et ordonnant le blocage du site depuis le territoire français.
Depuis quand le domaine Divorion.com existe-t-il ?
Les données WHOIS indiquent une date d’enregistrement au 26 novembre 2024. Le titulaire n’est pas identifié publiquement, les informations d’identification étant masquées.
Que faire si j’ai versé de l’argent à Divorion.com ?
Cesser immédiatement tout nouveau versement, rassembler toutes les preuves disponibles (relevés, virements, échanges, captures d’écran), signaler les opérations à son établissement bancaire et consulter un avocat pour évaluer les recours selon le mode de paiement et les délais.
Les fonds peuvent-ils être récupérés ?
La réponse dépend du mode de paiement utilisé, des bénéficiaires identifiables, des banques concernées et des délais depuis les versements. Chaque dossier requiert une analyse individuelle. Aucun résultat ne peut être garanti.
Comment éviter une arnaque à la récupération de fonds ?
Ne jamais payer un tiers qui prétend avoir localisé vos fonds sans avoir vérifié son identité professionnelle. La connaissance du nom de la plateforme ou du montant du préjudice ne constitue pas une preuve de légitimité.
Sources
- Autorité des marchés financiers – Fiche officielle Divorion.com
AMF – Divorion.com sur la liste noire - AMF et ACPR – Mise en garde concernant les acteurs non autorisés
AMF et ACPR – Mise en garde sur les acteurs non autorisés - Tribunal judiciaire de Paris – Décision du 12 novembre 2025
Cour de cassation – Décision concernant Divorion.com - WHOIS – Informations sur le domaine Divorion.com
WHOIS – Informations sur Divorion.com - ScamAdviser – Analyse technique de Divorion.com
ScamAdviser – Analyse de Divorion.com
Cette analyse s’appuie sur l’article publié par le cabinet Ziegler & Associés : Divorion.com : liste noire AMF et décision du Tribunal de Paris.

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